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Sortie : 5 avril 2019 sur Netflix

Vu en : version originale

Ma critique : Nous connaissons Brie Larson en tant qu’actrice : oscarisée en 2016 pour son rôle dans l’excellent « Room » (https://moviesaddiction.fr/room/), elle est actuellement à l’affiche de « Captain Marvel » dans lequel elle incarne une super-héroïne. Nous découvrons aujourd’hui Brie Larson en tant que réalisatrice : elle réalise son premier long-métrage, « The Unicorn Store », présenté au festival du film international de Toronto en 2017 et disponible sur Netflix depuis le 5 avril 2019.

A la manière de Clint Eastwood dans nombre de ses longs-métrages (« Sur la Route de Madison », « Million Dollar Baby », « La Mule »), Brie Larson est à la fois devant et derrière la caméra. Elle incarne une jeune femme, prénommée Kit, qui rêve d’adopter une licorne.

Cette licorne peut être vue comme la métaphore des idéaux de l’enfant Kit : une créature majestueuse qui lui apporte bonheur, sérénité et, surtout, ne cesse jamais de l’aimer. En bref, une réponse à toutes ses insécurités. Acquérir une licorne revient donc à se rassurer, à se laisser bercer par l’enfance. Au contraire, renoncer à une licorne signifie faire face à ses peurs et accepter que la vie ne soit pas toujours facile.

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« The Unicorn Store » traite du passage à l’âge adulte de façon poétique, colorée et optimiste. Ce scénario écrit par Samantha McIntyre, et porté à l’écran par Brie Larson, nous incite à nous accepter tels que nous sommes. Dans le film, il existe un réel contraste entre les moments où Kit est véritablement elle-même et ceux où elle feint d’être quelqu’un d’autre pour satisfaire son entourage. En effet, lorsqu’elle est au travail, Kitt porte les vieux habits de sa mère. Elle a les yeux écarquillés et les cligne très peu, comme si elle était dans une incompréhension constante de tout ce qui se passe autour d’elle. De son point de vue, le monde du travail est uniforme, répétitif et peu épanouissant. A l’inverse, lorsque Kitt passe du temps avec Virgil (Mamoudou Athie), elle est rayonnante, drôle et s’habille selon ses goûts. Lorsqu’un jour, elle décide d’entrechoquer ses deux mondes en se rendant au travail dans une tenue originale qui lui plaît, sa collègue Sabrina croit d’abord à un costume. D’ailleurs, il s’agira de la dernière journée de travail de Kit. A-t-elle démissionné ou a-t-elle été virée ? lui demande Virgil. « Un peu des deux » répond-elle car, maintenant qu’elle s’assume, Kit refuse de travailler dans une société qui ne l’accepte pas pour ce qu’elle est.

Kit est un personnage candide que Brie Larson sait rendre très attachant. Même si notre rationalité nous impose de ne pas croire à son histoire de licorne, on la soutient dans sa quête et c’est un véritable crève-cœur de la voir expliquer l’improbable à ses proches incrédules. La sincérité et la vulnérabilité de Kit sont très touchantes (« I’m confused and I don’t want to wonder my whole life. »).

A travers Kit, n’est-ce pas Brie Larson que l’on aperçoit ? « The Unicorn Store » est diffusé sur Netflix l’année des 30 ans de l’actrice-réalisatrice. Et le film s’ouvre sur des vidéos d’enfance où l’on voit la réelle Brie Larson exprimer tout son amour pour la peinture et les licornes. Le parallèle entre le personnage de Kit et son interprète est donc évident. Merci à Brie Larson d’avoir partagé avec nous cette vision du monde, aux couleurs pastel, dans laquelle l’adultat peut prendre plusieurs formes.

Ma note : 15/20