Precious

precious-gabourey-sidibe

Sortie : 3 mars 2010 (actuellement disponible sur Netflix)

Vu en : version originale sous-titrée

Ma critique : Harlem, 1987. Clareece Precious Jones, dite Precious, est une jeune fille noire au parcours de vie bouleversant. Ses parents lui font vivre un enfer que l’on ne souhaite à personne. A 16 ans, elle ne sait ni lire ni écrire mais apprécie l’école et notamment les mathématiques. Rejetée par le le système scolaire classique, Precious intègre une institution alternative baptisée « Each One, Teach One ». Cette école, et l’éducation en général, sont essentielles puisqu’elles constituent sa seule échappatoire vers une vie meilleure.

Privée de repères maternels sains, Precious peut néanmoins s’appuyer sur des figures féminines qui participent à sa reconstruction : une travailleuse sociale incarnée par Mariah Carey, ses camarades de classes et surtout sa professeure Madame Rain. Celle-ci n’en est pas à sa première année d’enseignement et n’a donc pas la fougue empreinte de naïveté d’Erin Gruwell (Hilary Swank) dans « Ecrire pour exister » mais les deux enseignantes ont en commun une méthode qui porte rapidement ses fruits : demander à leurs élèves d’écrire tous les jours dans un carnet. Histoire vraie ou fictive, avec ou sans fautes d’orthographe, peu importe, l’important c’est d’écrire.

Ecrire soulage et délivre, rêver aussi. A plusieurs reprises, Precious fuit des situations traumatisantes par la seule force de la pensée : elle ferme les yeux et se rêve en star de la chanson ou du cinéma. Elle trouve dans ces rêves tout ce que la réalité ne lui offre pas : la considération, l’attention, l’amour. Ces scènes joyeuses, animées et colorées contrastent fortement avec le reste du film.

precious-monique

Precious vit un calvaire, mais le réalisateur Lee Daniels fait le choix de ne jamais éteindre la lueur au bout du tunnel. Plus on avance dans le film, plus cette lueur d’espoir se rapproche et s’intensifie, jusqu’à nous éblouir dans la scène finale. « Precious » est une formidable illustration de ce qu’est la résilience. Nul doute que son message réchauffera le cœur des spectateurs en souffrance qui se reconnaissent, de près ou de loin, dans son héroïne.

Precious est incarnée par Gabourey Sidibe, dont c’est le premier rôle à l’écran. La jeune étudiante en psychologie fait ainsi une entrée fracassante dans le monde du cinéma. Son émouvante prestation lui a valu d’être nominée dans la catégorie meilleure actrice aux Oscars ainsi qu’aux Golden Globes.

Sa mère indigne et cruelle est, quant à elle, interprétée par Monique Angela Hicks, une humoriste américaine connue sous le nom de Mo’Nique. Sa simple présence à l’écran suffit à nous couper le souffle et à nous hérisser le poil. L’actrice livre une prestation renversante qui s’achève en apothéose dans ce qui est certainement la scène la plus marquante du film : la confrontation avec sa fille, dans le bureau de l’assistante sociale.

Ma note : 15/20