Madame-Doubtfire-Robin-Williams

Sortie : 9 février 1994

Vu en : version originale sous-titrée

Ma critique : Réalisée par Chris Colombus, « Madame Doubtfire » est une comédie américaine réussie qui procure du bonheur et marque les esprits par sa forme enfantine qui dissimule un propos très mâture. Cette œuvre est adaptée du roman anglais « Alias Madame Doubtfire » écrit par Anne Fine et publié en 1987.

« Madame Doubtfire » traite d’un divorce, celui de Miranda (Sally Field) et Daniel Hillard (Robin Williams). Miranda obtient la garde exclusive de leurs deux enfants, et Daniel se voit accorder un droit de visite le samedi. Une fois le divorce prononcé, Miranda se retrouve donc seule avec ses deux enfants. Pour faciliter leur quotidien, elle décide d’engager une gouvernante. Daniel y voit une immense opportunité. Avec l’aide son frère spécialisé en maquillage, il prend l’apparence d’un personnage inventé de toutes pièces : une gouvernante anglaise sexagénaire qui répond au doux nom d’Iphigénie Doubtfire.

Robin Williams incarne donc deux personnages radicalement différents : Daniel et Iphigénie. Pour devenir Madame Doubtfire, il a dû subir chaque jour entre 3h et 4h30 de maquillage. Le visage de la gouvernante est en effet composé de huit masques de latex qui s’assemblent à la manière d’un puzzle. Sur ce masque, il faut ensuite recréer tous les composants d’un visage à l’aide de faux sourcils, de fard à paupières, de mascara, d’une perruque, etc. L’acteur raconte que, pendant les séances de maquillage, l’équipe du film positionnait une télévision derrière lui afin qu’il puisse regarder des films dans le reflet du miroir. Le jeu en vaut la chandelle puisque le résultat final est saisissant ! Ce travail colossal a d’ailleurs été récompensé par l’Oscar du meilleur maquillage. Le film a également été auréolé des Golden Globes de la meilleure comédie et du meilleur acteur pour Robin Williams. Ces trois prix sont amplement mérités.

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Robin Williams n’a pas simplement interprété Madame Doubtfire, il a disparu sous son masque pour lui donner vie. En plus de livrer une performance exceptionnelle, l’acteur effectue un véritable one-man show. Adepte de l’improvisation, il a improvisé un grand nombre de répliques du film. Parmi elles, figurent « Jesus! If I find the misogynistic bastard that invented heels, I’ll kill him.”, “My first day as a woman and I am already having hot flashes.” et “I can’t take it orally, dear.” C’est un réel plaisir d’observer le sens incroyable de la répartie qu’a Robin Williams et la façon dont ses répliques improvisées ont été intégrées au script final comme si de rien n’était. En réponse à cette spontanéité débordante, d’autres acteurs ont également improvisé quelques répliques. C’est le cas de Harvey Fierstein, qui incarne le frère de Daniel, et Mara Wilson, l’une des filles de Daniel.

Les premières scènes de « Madame Doubtfire » nous présentent Daniel comme étant un père de famille aimant, proche de ses enfants et très attaché à faire ce qui lui semble juste. Puis, le film nous montre le déchirement que représente le divorce. Avant d’être une comédie, « Madame Doubtfire » est un drame. On ne peut en effet s’empêcher d’avoir de la peine pour Daniel et sa famille désormais disloquée. Ce n’est que lorsque Madame Doubtfire fait son apparition que le film bascule dans le registre comique. Cette gouvernante anglaise est hilarante mais c’est surtout une couverture capitale pour Daniel car elle lui permet de passer le pas de la porte d’une maison dont il a été banni.

« Madame Doubtfire » est une comédie mâture qui traite le sujet délicat du divorce avec réalisme. En effet, elle ne cède pas à la tentation simpliste du manichéisme : tout comme Miranda n’est pas dépeinte comme un monstre, son nouveau compagnon Stu (Pierce Brosnan) n’est ni arrogant ni méchant. Le divorce de Miranda et Daniel n’est ni la faute de l’un, ni celle de l’autre. Il se situe dans une zone grise où les torts sont partagés et où l’usure du temps n’aide pas. A plusieurs reprises et notamment lors de la dernière scène, le film utilise le personnage de Madame Doubtfire pour adresser un message aux enfants de parents divorcés : ce n’est pas parce que vos parents se séparent qu’ils ne vous aiment plus. Tout va bien se passer, ne vous inquiétez pas. C’est cette morale essentielle qui fait de « Madame Doubtfire » un film important.

Ma note : 18/20