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Diffusion : de 2006 à 2011

Vu en : version originale sous-titrée

Ma critique : Cela fait environ cinq ans que je délaisse quelque peu les séries fraîchement diffusées pour me tourner vers des œuvres plus anciennes qui ont façonné l’art des séries télévisées. Celles-ci constituent une précieuse clé de lecture, un prisme au travers duquel je perçois désormais les séries d’aujourd’hui. C’est ainsi que j’ai découvert – et immensément aimé – les monumentales « Friends », « Six Feet Under » et « The Sopranos ». J’ai ensuite visionné « Friday Night Lights », une série relativement méconnue diffusée à la télévision américaine entre 2006 et 2011.

L’histoire se déroule dans la ville fictive de Dillon, au Texas. On y suit le quotidien de jeunes lycéens et de leurs familles. Le nom de la série signifie « les lumières du vendredi soir ». Il fait référence aux lumières du stade les soirs de match de l’équipe de football américain du lycée, les Panthers. Pour les intimes, « Friday Night Lights » devient vite « FNL », qui est par ailleurs un astucieux anagramme de NFL (National Football League).  « Clear eyes, full hearts, can’t lose« , telle est la devise des Panthers.

Nombre de potentiels spectateurs ont sûrement dû être rebutés à l’idée de regarder « une série sur le football » et ont donc passé leur chemin. C’est regrettable car « Friday Night Lights » est bien plus que cela. Certes, le football y occupe une place importante mais ce sujet n’est en fait qu’un prétexte à l’étude des interactions entre des personnages extrêmement bien écrits.

Bien qu’on ne s’identifie pas forcément au cadre de vie et aux passions des personnages, notre adhésion à la série est immédiate car nous partageons finalement les mêmes désirs qu’eux : trouver notre place dans la société et devenir la meilleure version de nous-mêmes.

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Les personnages de « Friday Night Lights » sont à la fois simples et complexes, c’est ce qui fait leur force. La série ne comporte pas un mais trois personnages mythiques : Tim Riggins, Tamy Taylor et Eric Taylor. Leurs personnalités sont si riches qu’il serait injuste d’essayer de les résumer en quelques mots. Disons simplement que Tim Riggins est le meilleur rôle de la carrière de Taylor Kitsch, et que beaucoup de spectateurs rêveraient d’avoir Tamy et Eric Taylor comme parents. Connie Britton et Kyle Chandler forment un duo inoubliable.

A partir de la fin de la troisième saison, on en est sûrs : ce sont bien eux les personnages principaux de « Friday Night Lights ». Absolument incontournables, Tamy et Eric Taylor sont les deux piliers sans lesquels les autres personnages ne pourraient pas grandir. Ils n’ont pas deux enfants, mais une dizaine. En érigeant Tamy et Eric Taylor en exemples à suivre, « Friday Night Lights » nous incite à développer ou entretenir des valeurs et qualités essentielles : la famille, le travail, l’honnêteté, l’empathie ainsi que la capacité à faire des compromis pour les gens que nous aimons.

En ce qui concerne les intrigues, « Friday Night Lights » aurait pu s’essouffler lorsque certains personnages principaux ont quitté le lycée, mais ça n’a pas été le cas. Elle a su se renouveler en introduisant une nouvelle école, à la fois si proche et si éloignée, et de nouveaux enjeux.

Plus la série avance, plus les intrigues prévisibles sont nombreuses car on a évidemment détecté l’appétence des scénaristes pour le happy end, mais cela ne ruine pas le spectacle pour autant.

Visuellement, « Friday Night Lights » est également très intéressante. Tournée à trois caméras, exclusivement en décors naturels, la série est frappante d’authenticité. Elle a même parfois des airs de documentaire. Sur le tournage, l’équipe de la série évite les répétitions, les marques au sol et le mot « cut ! », et cela se ressent à l’écran.

En conclusion, « Friday Night Lights » est un bijou à la fois brut et raffiné dont on se souviendra longtemps. Elle nous aura fait rire et pleurer, souvent au sein d’un même épisode.

Ma note : 16/20