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Diffusion : du 25 septembre 2009 au 28 mai 2010 sur la chaîne américaine ABC

Vu en : version originale sous-titrée

Ma critique : Créée par Brannon Braga et David S. Goyer, « Flash Forward » est une série américaine adaptée du roman éponyme de l’auteur canadien Robert J. Sawyer, publié en 1999. Son pitch est très alléchant : le 6 octobre 2009, la totalité de la population mondiale s’évanouit pendant 2 minutes et 17 secondes. Durant ce laps de temps, les humains ont une vision, celle de leur futur à moyen terme. Tous voient où ils seront et ce qu’ils feront le 29 avril 2010, c’est-à-dire dans 6 mois. Cette date n’a pas été choisie au hasard puisqu’il s’agit de l’anniversaire de Robert J. Sawyer. En choisissant cette date, les créateurs de la série font un clin d’œil à l’auteur canadien tout en montrant qu’ils se démarquent de son œuvre. En effet, dans le roman, il s’agissait d’un flash forward de 21 ans et non de 6 mois.

Le pilot de « Flash Forward” est exemplaire. Après avoir dépeint le global black out et ses conséquences désastreuses pour l’humanité (20 millions de morts, rien que ça), la série met en place ses deux piliers : d’une part, l’enquête policière visant à arrêter les responsables du global black out et, d’autre part, la façon dont chaque personnage fait face à ce qu’il a vu dans son flash forward. Ce dernier élément est le plus intéressant car il nous amène à des réflexions philosophiques sur le libre arbitre et le destin. Les personnages sont-ils condamnés à vivre ce qu’ils ont vu ou bien peuvent-ils y échapper ? Et, s’ils parviennent à y échapper, la mort les poursuivra-t-ils inlassablement à la façon de la saga « Destination Finale » ?

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Les sept premiers épisodes de « Flash Forward » sont captivants, presque addictifs. Ils ne nous laissent pas une seconde de répit. Néanmoins, les épisodes qui suivent sont d’une qualité irrégulière et la série s’encombre rapidement d’histoires superflues peu intéressantes. Deux des flash forward – l’un en rapport avec le Japon, l’autre avec l’Afghanistan – font ainsi tâche parmi les autres. Il aurait fallu soit les supprimer soit leur donner davantage d’espace afin que l’on puisse développer un intérêt et une affection pour ces deux sujets. La série est construite de façon chronologique, avec la date butoir du 29 avril 2010, qui correspond évidemment au dernier épisode. En conséquence, il est difficilement possible de repousser le développement de certains flash forward à plus tard. Tous doivent être traités en même temps. La pluralité de personnages rend cet exercice périlleux et peut parfois nous embrouiller ou nous désintéresser de certaines histoires.

« Flash Forward » demeure toutefois un très bon divertissement. Son sujet inspirant, son rythme effréné et son suspense constituent des atouts majeurs. Quant aux acteurs, ils sont convaincants même si leur jeu manque parfois de finesse. Comme c’est souvent le cas lorsqu’on regarde une série datant de quelques années, on prend également plaisir à retrouver plusieurs acteurs dont les carrières ont pris de l’ampleur par la suite. On pense notamment à Lee Thompson Young (« Rizzoli and Isles »), Zachary Knighton (“Happy Endings”), Gina Torres (“Suits”) et Elizabeth Rodriguez (“Orange is the new black”).

Du point de vue des spectateurs américains, il semble que les défauts de « Flash Forward » aient masqué ses qualités puisque la série n’a pas été renouvelée, faute d’audience. Le dernier épisode de la saison fait donc office de series finale. Son cliffhanger majeur, ainsi que les questions posées tout au long de la série, resteront donc sans réponse. Peut-être la lecture du livre nous consolera-t-elle ?

Ma note : 14/20